Europe – Produits pharmaceutiques dans l’environnement: la Commission définit des mesures pour faire face aux risques et aux défis posés

La Commission européenne a adopté aujourd’hui une communication exposant un ensemble de mesures visant à relever les défis multiples que le rejet de produits pharmaceutiques constitue pour l’environnement.

L’approche stratégique relative aux produits pharmaceutiques dans l’environnement que la Commission présente aujourd’hui recense six domaines d’action concernant toutes les étapes du cycle de vie des produits pharmaceutiques dans lesquels des améliorations peuvent être apportées. Le texte porte sur les produits pharmaceutiques vétérinaires aussi bien que ceux destinés aux humains. Ces domaines couvrent toutes les étapes du cycle de vie des produits pharmaceutiques, depuis la conception et la production jusqu’à l’élimination et la gestion des déchets, conformément aux principes du document de travail des services de la Commission sur les produits durables dans une économie circulaire. Les six domaines concernés comprennent des mesures visant à accroître l’utilisation prudente des produits pharmaceutiques et la sensibilisation à ce thème, à améliorer la formation et l’évaluation des risques, à récolter des données de surveillance, à encourager une «conception verte» de ces produits, à diminuer les émissions des fabricants, à réduire les déchets et à améliorer le traitement des eaux usées.

Karmenu Vella, commissaire pour l’environnement, les affaires maritimes et la pêche, a déclaré à cette occasion: «Nous avons tous pour la plupart été amenés à prendre des médicaments au cours de notre vie et c’est une chance d’avoir pu bénéficier de cette aide. Les produits pharmaceutiques sont également essentiels pour garantir la santé animale. Nous ne sommes toutefois pas nombreux à être conscients qu’une partie de ce que nous consommons finit dans l’environnement, ce qui a des effets sur les espèces sauvages comme les poissons présents dans nos cours d’eau. Nous devons réduire l’introduction de produits pharmaceutiques dans nos sols et nos cours d’eau, dans notre propre intérêt et afin de protéger la vie sauvage ainsi que l’environnement.»

Vytenis Andriukaitis, commissaire pour la santé et la sécurité alimentaire a quant à lui ajouté ce qui suit: «Il est essentiel que les médicaments soient sûrs et efficaces mais nous devrions cependant être conscients de l’impact environnemental qu’ils peuvent avoir. Les bactéries résistantes aux médicaments sont l’une des menaces les plus importantes pour la santé dans le monde. De ce fait, dans notre lutte contre la résistance aux antimicrobiens, nous avons tous intérêt non seulement à ce que les médicaments soient utilisés de manière prudente mais aussi à ce que ces derniers soient produits et éliminé dans le cadre d’un système bien pensé. Il est temps pour nous d’agir collectivement et d’attirer l’attention sur les risques que présentent les antimicrobiens pour l’environnement .La présente communication recense les domaines dans lesquels une action est nécessaire et servira de base à nos débats futurs.»

Il a été démontré que les produits pharmaceutiques qui se retrouvent dans l’environnement présentent des risques pour les poissons et pour d’autres espèces sauvages, par exemple en altérant leur capacité à se reproduire, en modifiant leur comportement au point de compromettre leur survie ou tout simplement par des effets toxiques directs. En outre, les médicaments qui ne sont pas éliminés correctement contribuent au grave problème de la résistance aux antimicrobiens. Cette prise de conscience accrue a encouragé la réalisation de nouvelles recherches et a donné lieu à des appels et à des propositions d’action en vue de réduire les émissions dans l’environnement, en particulier dans l’eau mais aussi dans les sols…