France – Le médicament Levothyrox au cœur d’un procès hors norme

Un débat s'ouvre ce lundi dans le cadre d'une action civile intentée par plus de 4000 plaignants contre le laboratoire Merck pour «défaut d'information». Ils accusent la nouvelle formule du médicament, mise sur le marché en 2017, de leur avoir causé de nombreux effets indésirables.

Parmi les différents volets de l’affaire, ce débat constitue une étape importante. Le médicament Levothyrox du laboratoire Merck se trouve en effet au cœur d’un procès hors normes dont l’audience s’ouvre ce lundi à Lyon. Ce débat au civil est le fruit d’une action collective intentée par plus de 4000 plaignants qui accusent le groupe allemand d’un «défaut d’information» sur la nouvelle formule du médicament accusée d’être à l’origine de nombreux effets indésirables.

Cette action civile a été lancée le 24 octobre dernier, pour «défaut d’information» et «préjudice d’angoisse». En cause, la nouvelle formule de ce médicament prescrit contre l’hypothyroïdie et fabriqué par le laboratoire Merck Serono, filiale du groupe allemand. Cette nouvelle formule a été mise sur le marché au printemps 2017. Dans les mois qui ont suivi, de nombreux patients qui prenaient déjà du Levothyrox ont fait état d’effets secondaires nouveaux de différents ordres: malaises, fatigue, perte de cheveux, vertiges… De nombreuses plaintes ont été déposées, alors que 31.000 patients victimes d’effets secondaires ont été recensés.

L’Agence du médicament (ANSM) a établi que les effets indésirables ont été déclenchés par «un déséquilibre thyroïdien» causé par le changement de traitement, et non à la nouvelle formule. Les analyses menées par l’Agence confirmaient «la bonne qualité de la nouvelle formule du Levothyrox».

L’avocat des plaignants, Me Christophe Lèguevaques, fait cependant valoir de son côté que «le Levothyrox est un médicament avec une marge thérapeutique étroite, c’est-à-dire que tout changement a des répercussions et cette donnée scientifique est connue de Merck». Le laboratoire aurait donc dû, selon lui, mieux informer les patients. «Quand le risque s’est réalisé, les patients se sont demandé ce qui leur arrivait entre mars et octobre» 2017, soit entre l’arrivée sur le marché de la nouvelle formule et le retour partiel dans les pharmacies de l’ancienne formule sous le nom d’Euthyrox…