France – Médiator : le ministère craindrait la condamnation de l’ANSM

Le 23 septembre prochain s’ouvrira à Paris le procès du Médiator. Le laboratoire Servier et l’Agence nationale du médicament (ANSM) sont sur le banc des accusés. Et selon une note interne du ministère de la santé, l’établissement public craint de voir sa responsabilité engagée.

C’est un procès hors norme qui se prépare au tribunal correctionnel de Paris. Le 23 septembre prochain s’ouvrira le procès du Médiator, cet anti-diabétique commercialisé par le laboratoire Servier et prescrit comme coupe-faim pendant plus de 30 ans à des millions de Français mais qui serait responsable de milliers de cas de valvulopathie parfois mortelle. Dix ans après le retrait du médicament et neuf ans après la révélation de l’affaire par le docteur Irène Frachon, ce sont près de 4 000 patients qui se sont constitués partie civile dans cette affaire. Le procès devrait durer 6 mois et réunir près de 400 avocats.

Un temps évoqué, la retransmission des débats sur Internet à l’intention des parties civiles a finalement été abandonnée. « C’est simple, aucun procès n’a jamais eu une telle ampleur » explique François de Castro, l’un des avocats du laboratoire Servier.

Le laboratoire sera jugé devant le tribunal correctionnel de Paris pour « tromperie aggravée, escroquerie, blessures et homicides involontaires et trafic d’influence », l’ANSM pour « blessures et homicides involontaires ». Et selon une note interne des services juridiques du ministère de la santé, auquel est rattaché l’ANSM et dont nos confrères d’Europe 1 ont pu avoir accès, l’Etat craint fortement que la responsabilité pénale de l’agence soit engagée…