France – Organoïdes: des mini-organes au service de la recherche

Les organoïdes, des copies miniatures de tumeurs ou d’organes, pourraient révolutionner la médecine personnalisée.

La visite est un peu décevante : à l’œil nu, on ne voit qu’un liquide rose, celui qui est utilisé dans tous les laboratoires pour cultiver des cellules. Pourtant, au fond des puits de la plaque en plastique, flottant dans cette solution, se trouvent des miniorganes malades. Plus précisément des miniestomacs, minipoumons et miniœsophages qui pourraient bien sauver la vie de leurs propriétaires.

Julie Bérubé les couve du regard. C’est elle qui fait pousser ces « organoïdes », à l’Hôpital général de Montréal (HGM), à partir des cellules tumorales des patients qui se font opérer pour un cancer thoracique deux étages plus bas. « Ce sont des sphères d’environ 2000 cellules, explique cette assistante de recherche. C’est délicat à obtenir, mais j’y arrive dans 75 % des cas. » Selon l’agressivité du cancer dont elles sont issues, les cellules mettent ainsi d’une journée à plusieurs semaines à se structurer en trois dimensions dans un support gélatineux.

Ces organoïdes, qui possèdent la même variété de cellules que l’organe « entier », permettent aux médecins de déterminer quel médicament anticancéreux sera efficace pour un patient donné en cas d’échec de la chimiothérapie de base (ce qui arrive dans 40 % des cas). Le postulat : ce qui fonctionne pour tuer l’organoïde fonctionnera aussi dans l’organisme du malade…