France – Seule une refondation de la politique du médicament permettra de retrouver une industrie pharmaceutique compétitive

Il faut dérembourser l’homéopathie sans en condamner l’usage, explique, dans une tribune au « Monde », l’économiste Frédéric Bizard, qui estime que les laboratoires Boiron se trompent de ministère, en faisant un chantage à l’emploi.

La politique du médicament est à rénover de fond en comble en France si l’on veut rester capable de produire et rendre accessible pour tous l’innovation thérapeutique. La ligne de défense des laboratoires Boiron – « Si, demain, l’homéopathie est déremboursée, 1 300 postes seraient menacés en France chez Boiron » illustre cette nécessité. L’entreprise ne cherche plus à contester le bien-fondé du déremboursement mais à influencer les pouvoirs publics en jouant sur les conséquences économiques possibles de la décision.

Pour qu’un médicament soit remboursé par l’Assurance-maladie, il doit disposer d’un service médical rendu (SMR) suffisant. Etonnamment, le système français différencie trois niveaux de SMR – important, modéré et faible – conduisant à trois taux de remboursement par l’Assurance-maladie (respectivement 65 %, 30 % et 15 %). L’homéopathie bénéfice actuellement d’un SMR modéré donnant droit à un remboursement à 30 % pour certains produits…